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Le XVIIIe siècle et la première
moitié du XIXe: du déclin à la dégradation,
du château au château-ferme
Au cours du XVIe et du XVIIe siècle, exception faite pour
les quelques décorations qu'on vient de mentionner, le château
de Fénis traversa sans aucun doute une longue période
sinon de dégradation, sûrement de stase et d'administration
ordinaire.
La véritable dégradation commença quelques
années après, au cours du XVIIIe siècle.Après
la mort d'Antoine Gaspard Félicie, en 1705, le château
de Fénis fut recueilli par la lignée cadette des Challant
de Châtillon et, notamment, par Georges François. Celui-ci,
toutefois, était abîmé de dettes et en 1716
fut obligé de vendre le château à la famille
des Saluces-Paesana, à 90.000 lires.
Les quelques témoignages de l'état du château
au cours du siècle suivant indiquent que personne n'était
vraiment intéressé à s'en occuper. Et d'ailleurs,
lorsqu'une vingtaine d'années après les nouveaux propriétaires
décidèrent de revendre le château, ils n'ignoraient
probablement pas ses véritables conditions. L'extrait cadastral
rédigé vers la fin du XIXe siècle à
l'occasion de la vente du château à l'Etat résume
brièvement plus d'un siècle de changements de propriété.
Le château appartint aux Saluces-Paesana jusqu'au 23 mai
1798, lorsqu'il fut acheté par Pierre Gaspard Ansermin. Le
3 juin 1810, son fils Constantin Ansermin le recueillit par succession
et le 12 août 1837, après sa mort, il fut hérité
par sa fille Marie Geneviève. Elle le garda jusqu'au 3 août
1863, lorsqu'elle le vendit à Michel Balthazar Rosset de
Quart.
Le dernier changement de propriété remonte au 21
mai 1894, lorsque Rosset disposa la donation du château "en
avancement d'hoirie" à ses deux fils César et
Michel. Le 2 septembre 1895, "ce même château et
ses alentours" furent transmis au troisième fils de
Rosset, Joseph, un diplomate qui à l'époque était
consul d'Italie à Odessa. Il s'agit, cependant, d'une solution
de facilité car le jour après, le 3 septembre 1895,
le consul Joseph Rosset revendit le château à l'Etat
italien, "par l'intermédiaire M. D'Andrade".
A l'époque des Paesana, le château avait déjà
été relégué au rôle de château-ferme
et aucune de ses parties n'avait plus bénéficié
de travaux d'entretien ordinaires. Les planchers et les plafonds
étaient en ruine ou ils avaient complètement disparu.
Presque tous les toits étaient délabrés. Plusieurs
parties des murs de l'enceinte s'étaient écroulées
ou étaient en train de s'écrouler et au moins une
tour, celle à côté de l'entrée externe,
avait effondré.
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