Page d'accueil
Le château
Les origines
Aymon de Challant
Boniface I de Challant
Le XVe siècle
Le XVIe et le XVIIe siècle
Le XVIIIe siècle
Le XIXe siècle
Le XXe siècle

 

Recherche:

   
   Contacts

Le château de Boniface I de Challant

La seigneurie de Boniface I de Challant, fils d'Aymon, marqua le début d'une nouvelle phase de l'évolution du château de Fénis.

Boniface succéda au père dans l'administration du fief en 1387 et il ne perdit pas du temps. Entre 1390 et 1391, il prêta service auprès de la cour en tant qu'inspecteur des fortifications, ce qui lui permit d'approfondir ses connaissances techniques. En 1392 il commença probablement à planifier une nouvelle transformation de son château. D'après les documents, les nouveaux travaux de restauration semblent remonter à l'époque allant de 1393 à 1395, mais il est possible qu'ils aient continué bien au-delà de cette période.

Les changements qui furent apportés à l'édifice portent principalement sur l'alignement de tous les niveaux horizontaux internes. Probablement, le corps Nord n'avait pas d'étages souterrains et l'intervalle entre le premier étage et le rez-de-chaussée était de presque un mètre. On creusa donc un étage souterrain; on aligna le premier étage à la cour; on baissa, par conséquent, le niveau de la salle principale et on l'unit à une pièce plus petite, adjacente à son côté Sud, où on édifia la chapelle; on aménagea un nouvel étage dans les combles du toit et on refit toutes les toitures. Des travaux d'alignement furent réalisés aussi dans le corps Sud du château. En effet, on édifia le corps de l'entrée et, surtout, on ferma par des pièces superposées la partie occidentale de la cour, qui acquit ainsi sa planimétrie définitive. La cour fut embellie par deux étages de corridors et par le superbe escalier. L'extérieur du château aussi subit des changements: on rangea des parties du mur de l'enceinte et, surtout, on aménagea une prison dans ce qu'on appelle d'habitude "demi-lune", à savoir les trois tours de l'entrée et, notamment, la tour médiane, la plus récente.

Les pentes qui côtoient la partie Nord du castrum et la plaine qui s'étale le long de son côté Sud-Ouest étaient probablement occupées par le viridarium, l'hortus et le vinea domini, qui arrivaient presque à doubler la surface du château. Il s'agissait d'un véritable complexe résidentiel, de production et de représentation, où l'habitation du seigneur était associée au jardin destiné à ses propres loisirs et aux loisirs de sa famille et de ses hôtes, au potager et aux vignes, dont la fonction agricole et de production était évidente.

Sûrement, lorsque l'aperçu fourni par ces hypothèses sera plus précis, l'image du château de Fénis sera complètement différente par rapport à celle que nous avons aujourd'hui et son caractère de véritable petite "cour", qui bien s'accorde avec la personnalité d'Aymon et de Boniface de Challant, sera encore plus évident.


Le château, la région, le village

Les frais relatifs aux travaux de restauration qui furent réalisés entre 1393 et 1395 nous ont permis de tirer tous ces renseignements, mais aussi de connaître les noms des artisans, des maîtres maçons, des fournisseurs et des transporteurs qui participèrent à cette campagne.
Par la comparaison des données tirées des documents comptables concernant les châteaux de Quart et de Cly, la tour des Balives d'Aoste et le château d'Aymavilles, on peut maintenant dresser une sorte de première carte géographique des travaux de bâtiment réalisés en Vallée d'Aoste au cours des décennies à cheval sur le XIVe et le XVe siècle.

L'un des aspects les plus intéressants qu'on a tiré de ces documents est le rôle joué par les feneusains dans la construction de leur château. En effet, plus de la moitié des personnes qui travaillaient sur le chantier appartenait évidemment à la communauté de Fénis. De plus, les matériaux servant à construire furent sûrement fournis par d'autres personnages liés à l'économie de Fénis et, probablement, il y avait parmi eux des hommes illustres liés à la vie économique de la commune.

Alors que les bois de la Clavalité constituaient une véritable source de matières premières très utiles, les eaux impétueuses du torrent et des ruisseaux latéraux fournissaient l'énergie nécessaire au fonctionnement des scies hydrauliques. L'endroit était donc idéal pour la coupe du bois et la création de produits semi-finis, mais il était peut-être trop éloigné des destinataires potentiels de ces produits qui, par contre, étaient répartis dans les hameaux du fond de la Vallée, éparpillés dans la plaine qui s'étale le long de la Doire.


Les fresques de Fénis

Après la conclusion des travaux de reconstruction vers 1395, Boniface de Challant fut obligé de négliger son château pendant quelques années.

Son rôle politique et son importance le contraignaient à voyager beaucoup en Europe et entre 1407 et 1408, il du probablement aller en pèlerinage à Sainte Catherine du Sinaï. En 1409 il entra dans l'ordre de l'Annonciade, tandis qu'en 1410, 1412 et 1414 il atteignit le faîte de sa carrière politique et diplomatique, à la tête de plusieurs ambassades qui devaient négocier entre les rois de France et d'Angleterre et les ducs de Berry, de Bourbon et Bourgogne, au cours de l'une des phases les plus cruelles et complexes de la guerre des Cent Ans.

Après ces événements, Boniface apporta au château les derniers changements, mais cette fois il ne s'agissait que de travaux de décoration: en effet, il ordonna la réalisation des fresques qui embellissent les parois de la cour et de la chapelle.

Le style appartient sans aucun doute au plus grand artiste gotique international: le Piémontais Giacomo Jaquerio. Pourtant, son intervention directe n'est pas certaine et les opinions à ce propos sont discordantes: quelqu'un nie carrément sa contribution, tandis que d'autres, un nombre plutôt restreint, semblent confirmer cette attribution. Pourtant, les panneaux on l'air d'appartenir vraiment à Jaquerio. D'ailleurs, n'empêche que l'artiste soit allé à Fénis avec des assistants et qu'il soit reparti tout de suite, après avoir mis en place le chantier et avoir confié la réalisation de l'œuvre à ses collaborateurs.

Alors que les jugements sur la qualité des fresques sont plutôt différents, les évaluations de leurs imperfections semblent être plus homogènes. Toute une série d'erreurs et d'éloignements - souvent minimaux - du projet initial semblent confirmer l'achèvement plutôt hâtif de ces œuvres. De plus, la restauration des fresques réalisée pendant la dernière décennie à dévoilé d'autres éléments de cette exécution "pressée". Par exemple, nous avons découvert que sur le crépi de la paroi à la base de la crucifixion, hors du cadre, il y avait le dessin d'un donateur agenouillé, avec son armure, qui cependant n'a jamais été peint.

La datation aussi est de plus en plus précise. Alors que dans le passé la période considérée allait de la fin du XIIIe siècle à la moitié du XVe siècle, aujourd'hui l'époque dévisagée s'étale de 1414 à environ 1430. Pourtant, cet intervalle pourrait être encore plus restreint: en effet, les partisans de la datation la plus récente (1430), semblent avoir changé d'avis et pencher maintenant pour une date proche de 1420.

Un laps de temps de six années, ou d'une dizaine d'années au maximum, est certainement plus acceptable.

 

© 2001 - 2010 Commune de Fénis